Scie musicale
Singing saw
La scie musicale, idiophone à friction singulier, produit un chant éthéré continu obtenu en archetant une lame d’acier pliée en courbe.…
La scie musicale, parfois appelée « lame sonore », est un instrument appartenant à la famille des idiophones à friction. Apparue à la fin du XIXe siècle, initialement comme un détournement utilitaire de la scie d’égoïne par des bûcherons et des forgerons, elle se présente sous la forme d’une fine lame d’acier souple sans dents (ou dont les dents ne sont plus fonctionnelles). Pour produire un son, l’instrument compte sur les propriétés vibratoires de sa propre masse métallique lorsqu’elle est mise en résonance par une excitation externe.
La technique de jeu de la scie musicale est à la fois visuelle et très spécifique. Le musicien, généralement assis, coince la poignée de la scie entre ses genoux et saisit l’extrémité supérieure de la lame avec sa main gauche, parfois aidé d’une poignée accessoire, pour courber la lame en forme de « S ». C’est en frottant un archet de violoncelle ou de violon sur le point d’inflexion (la partie plate entre les deux courbes du « S ») que la lame se met à chanter. La hauteur de la note est contrôlée de façon continue en modifiant la torsion de la lame, ce qui nécessite une excellente oreille, et un vibrato ample est obtenu en secouant légèrement la jambe ou la poignée.
Malgré des origines populaires (cirque, vaudeville, folklore américain ou scandinave), la scie musicale a séduit par son timbre proche d’une voix humaine féminine ou du thérémine. Dès les années 1920, elle connaît un âge d’or et trouve sa place dans la musique symphonique moderne, les musiques de films et l’avant-garde. En 1948, l’inventeur Jacques Keller en crée une version de concert spécifique, la lame sonore, affranchie de la forme d’outil de bricolage pour se consacrer uniquement à l’expression musicale.