Archiluth
L’archiluth est un instrument à cordes pincées de la famille des luths, développé au début du XVIIe siècle. Doté d’une extension de manche pour des cordes graves supplémentaires, il fut un instrument soliste et d’accompagnement privilégié de la période baroque.…
L’archiluth est un instrument européen à cordes pincées, né en Italie dans les premières années du XVIIe siècle. Sur le plan organologique, il s’apparente à un luth ténor classique auquel a été greffée une extension de manche (ou cheviller additionnel) similaire à celle du théorbe. Cette architecture lui permet d’accueillir des chœurs de cordes graves supplémentaires, jouées à vide, tout en conservant une caisse de résonance de taille modeste, contrairement au théorbe, plus encombrant et moins agile dans les registres aigus.
Cet instrument a été pensé comme un compromis technique et acoustique idéal. Il palliait les difficultés de jeu soliste du théorbe — souvent handicapé par son accord rentrant et sa grande taille — tout en offrant au luthiste de la Renaissance l’assise harmonique grave qui lui manquait. L’archiluth compte généralement quatorze chœurs de cordes. Son accord reprend la structure du luth de la Renaissance pour les six premiers chœurs (basé sur des quartes justes et une tierce), ce qui facilitait la transition pour les luthistes de l’époque.
Historiquement, l’archiluth a d’abord brillé comme instrument soliste virtuose au XVIIe siècle, avant de devenir, à la fin du siècle, une pièce maîtresse de la basse continue. L’évolution de la musique baroque, qui réclamait des tempos plus rapides et une tessiture d’accompagnement plus aiguë, a progressivement poussé l’archiluth à supplanter le théorbe dans ce rôle. Son timbre clair et son équilibre sonore en font aujourd’hui encore un instrument incontournable pour l’interprétation des œuvres de cette époque.
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