Cabrette
La cabrette est une cornemuse traditionnelle auvergnate à soufflet, apparue au XIXe siècle. Symbole des bals populaires parisiens de la Belle Époque, elle est à l’origine de la musique musette.…
La cabrette est un instrument de musique traditionnelle à vent, emblématique de l’Auvergne, appartenant à la grande famille des cornemuses. Son nom provient de l’occitan cabreta, signifiant « petite chèvre », en référence à la peau de l’animal traditionnellement utilisée pour confectionner son sac réservoir d’air. Elle se compose d’un tuyau mélodique (le hautbois) à anche double, et souvent d’un petit tuyau de bourdon adjacent, bien que ce dernier soit parfois factice ou rendu muet par les musiciens auvergnats qui privilégient un jeu purement mélodique et ornementé.
La particularité organologique majeure de la cabrette, qui la distingue de nombreuses autres cornemuses, est l’absence de tuyau d’insufflation à bouche (porte-vent). Inspiré par les soufflets de forge, un menuisier nommé Joseph Faure eut l’idée, au milieu du XIXe siècle, d’y adjoindre un soufflet actionné par le bras droit du musicien. Ce mécanisme permet non seulement de gonfler l’outre sans effort pulmonaire, mais il permet également au joueur (le cabrettaïre) de chanter en s’accompagnant, tout en assurant une alimentation en air constante et hygiénique.
L’histoire de la cabrette est intimement liée à l’émigration massive des Auvergnats vers Paris à la fin du XIXe siècle. Les cabrettaïres animèrent les bals populaires des cafés charbons tenus par leurs compatriotes dans la capitale. Ces soirées dansantes, appelées « bals musette », ont pris le nom de l’instrument (alors souvent désigné par le terme générique musette). Bien que l’accordéon ait fini par la supplanter dans les bals au début du XXe siècle, la cabrette connaît aujourd’hui un fort renouveau grâce à des passionnés et des luthiers qui font vivre ce patrimoine immatériel.
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