Virginal
Instrument

Virginal

Le virginal est un petit instrument à clavier et cordes pincées, très en vogue à la Renaissance. De forme rectangulaire, il est doté d’un seul clavier et ses cordes sont disposées parallèlement à ce dernier.…

Terme central Virginal — 1 contenu rattaché 314.122-6-8
Caractéristiques
Variantesmuselaar
ottavino
Présentation

Le virginal est un instrument à clavier et à cordes pincées de la même famille que le clavecin et l’épinette. Sur le plan organologique, il partage avec le clavecin le principe d’action des sautereaux munis de plectres. Toutefois, son architecture en diffère radicalement : plutôt que d’être perpendiculaires au clavier, les cordes du virginal sont tendues de manière parallèle ou très légèrement oblique à celui-ci. Cette disposition oblige les facteurs à adopter une forme de caisse oblongue, rectangulaire ou polygonale, ce qui fait du virginal un instrument compact, facilement transportable et idéal pour l’intimité des salons.

L’autre différence notable réside dans le point de pincement des cordes. Sur un virginal classique, la corde est pincée près de son milieu, ce qui génère une fondamentale forte et moins d’harmoniques aiguës que sur un clavecin, conférant à l’instrument une sonorité plus douce, profonde et « flûtée ». Il existe des variantes célèbres, notamment dans la facture flamande (la famille Ruckers), comme le muselaar dont le clavier est décalé vers la droite, ou l’ottavino, un petit virginal sonnant une octave plus haut, qui s’encastrait parfois directement dans la caisse d’un plus grand instrument.

L’origine du nom « virginal » prête à diverses interprétations : certains l’attribuent au mot latin virga désignant la tige en bois du sautereau, d’autres y voient une référence aux jeunes femmes (vierges) auxquelles l’instrument était souvent destiné dans l’éducation aristocratique. L’apogée du virginal se situe à la Renaissance et au début de la période baroque, particulièrement en Italie, dans les Flandres et en Angleterre, où s’épanouit l’école dite des « virginalistes anglais » (William Byrd, John Bull), bien que leurs partitions aient pu être exécutées indifféremment sur n’importe quel instrument à clavier de l’époque.

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