Laurence Oldak « Autour de Rachmaninov » – Classique à l’ECUJE

Programme intime autour de Chopin et Rachmaninov par Laurence Oldak, dont la famille a fui les pogroms pour s’installer en France. Un parcours librement imaginé entre ombres et lumières, des Valses aux Mazurkas, de la Polonaise-Fantaisie au 2e Scherzo.

Programme
Frédéric Chopin : Nocturne en si bémol mineur op. 9 n°1 ; Nocturne en mi bémol majeur op. 9 n°2 ; Sonate pour piano n°2 en si bémol mineur op. 35 « Funèbre »
Sergueï Rachmaninov : œuvres à préciser

Concerts éclairés à la bougie – bar ouvert dès 19h

Réservations sur le site de l’ECUJE

Saki Maeda, piano (Haydn, Chopin, Mozart, Messiaen, Ravel)

Concert du 25 février 2026

Concert de midi et demi par les étudiants et diplômés de l’École Normale de Musique de Paris. Présenté par Stéphane Friédérich.

Programme

Saki Maeda, piano

Joseph Haydn : Sonate n° 31 op. 54 n° 3
Frédéric Chopin : Étude op. 10 n° 10 – Andante Spianato et Grande polonaise brillante
Wolfgang Amadeus Mozart : Fantasie K. 397
Olivier Messiaen : Première communion de la Vierge, extrait des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus
Maurice Ravel : La valse

Entrée libre sous réserve des places disponibles.

Plus d’informations sur le site de la Salle Cortot

Galina Umanskaia & Byeongju Yu, piano (Bach, Liszt, Haydn, Scriabine, Messiaen, Chopin)

Concert du 24 février 2026

Concert de midi et demi par les étudiants et diplômés de l’École Normale de Musique de Paris. Présenté par Stéphane Friédérich.

Programme

Galina Umanskaia, piano
Johann Sebastian Bach : Prélude et Fugue en fa dièse BWV 859
Franz Liszt : Sonetto del Petrarca n° 104
Joseph Haydn : Andante et Variations en fa mineur
Alexandre Scriabine : Nocturne pour la main gauche op. 9
Olivier Messiaen : Noël, extrait des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus

Byeongju Yu, piano
Frédéric Chopin : Mazurka op. 56 n° 3 – Scherzo n° 3 op. 39
Alexandre Scriabine : Poème op. 32 n° 1 – Étude op. 8 n° 10 – Sonate n° 5 op. 53

Entrée libre sous réserve des places disponibles.

Plus d’informations sur le site de la Salle Cortot

Nicolas Horvath – Chopin Nocturne vol. 3 (Nocturnes secrets)

Nicolas Horvath clôt sa trilogie Nocturne Secret, consacrée à l’intégrale des Nocturnes de Chopin. S’appuyant sur les versions annotées ou corrigées par Chopin lui-même, retrouvées dans les cahiers de ses élèves, il restitue des variantes inédites avec rigueur et sensibilité.

Artistes
Nicolas Horvath – Piano

Programme
Frédéric Chopin : Nocturnes op. 27, 37, 48, 55, 62 — dont plusieurs premières mondiales (versions annotées par Chopin retrouvées dans les cahiers d’élèves : Franchomme, Stirling, Dubois)

Plus d’informations sur le site de la Salle Cortot

Ne dis rien… mais chante et danse les “rêves dorés”!

Fanny Azzuro (piano) à l’ECUJE le 19 mars 2025.

En… prélude (😇) à son programme “Golden Dreams” (dans le cadre de la série de concerts Classique à l’ECUJE) consacré aux 24 préludes opus 11 de Scriabine et aux 24 préludes opus 28 de Chopin (soit 48 préludes en tout, enchaînés attacca avec souffle et générosité!), Fanny Azzuro avait choisi de lire un poème de Fiodor Tiouttchev datant (comme d’ailleurs les préludes de Chopin) des années 1830, apogée de la première période du romantisme européen:

Ne dis rien, dissimule et tais
Tes sentiments, les rêves que tu fais,
Qu’en silence ils se déploient
Au plus profond de toi,
Comme les étoiles au loin,
Contemple-les, et ne dis rien.

Comment un cœur pourrait-il se livrer ?
Comment autrui pourrait-il t’apprécier ?
Comprendra-t-il tout ce qui fait ta vie ?
Toute pensée exprimée est mensonge.
À creuser les sources on les trouble en vain,
Abreuve-t’en, et ne dis rien.

Sache ne vivre qu’en toi-même.
Un monde existe dans ton âme
Des secrètes pensées enchantées,
Les bruits du monde vont les étouffer,
Elles se dissiperont au soleil du matin.
Écoute-les chanter, et ne dis rien !

Ces mots du poète russe donnaient parfaitement le ton aux préludes de Scriabine déroulés sous les doigts de la pianiste: se succédant avec fluidité, les préludes semblaient naître naturellement, organiquement les uns des autres, et dessiner les variations chatoyantes d’un chant tout intérieur, dont se dégageait un sentiment de grande unité, sans rien pourtant de monolithique dans les textures harmoniques sans cesse changeantes. On sent bien chez Scriabine, même dans le regard nostalgique en arrière, la poussée d’un langage et de couleurs nouvelles dont le compositeur portera toujours plus loin, jusqu’à l’ardeur mystique des dernières oeuvres, les implications synesthésiques. Fanny Azzuro fait sonner pleinement ce chant qui s’imprègne de l’intériorité romantique pour l’amener plus loin encore.

L’hommage nostalgique de Scriabine à Chopin nous prépare idéalement à mieux (ré)entendre les préludes de ce dernier, à en redécouvrir l’inventivité harmonique et la richesse d’idées: si on en a toujours quelques uns dans l’oreille, les entendre ainsi enchaînés nous fait redécouvrir leur profonde unité, leur puissance souterraine aussi, qui court tout du long: c’est incarné, musculaire parfois, avec une énergie sourde très physique, liée à la danse, au rythme… Pas de joliesse ici, mais un arc narratif ample, au souffle large, un voyage qui nous emporte de prélude en prélude avec la grâce mais aussi la force irrépressible d’un cours d’eau. Et dans ce mouvement en avant qui ne s’arrête jamais, la douceur mélancolique et nostalgique du chant revient se glisser discrètement, presque par surprise… Le titre choisi par Fanny Azzuro pour ce concert, les “rêves dorés” (“Golden Dreams”), dit bien à mon sens ce moment entre deux eaux, les dernières dorures du jour avant l’entrée dans la nuit et l’inconnu des rêves – cette suspension entre le désir d’aller de l’avant et le regard attendri vers les attachements du passé.

Au terme du voyage, Fanny Azzuro offre en guide de bis un “petit” Gershwin… en l’occurrence la Rhapsody in Blue – pas un extrait, non, mais la rhapsodie complète dans une haletante transcription pour piano seul que la pianiste vient d’enregistrer!

Toutes les qualités expressives déployées dans les préludes de Chopin et Scriabine, le chant et la danse, le recueillement intérieur et l’ivresse rythmique, se trouvent ainsi réunies dans une explosion sonore où le piano fait entendre tout l’orchestre, légendaire glissando de clarinette inclus – une fête des sens, pulsée, joyeuse, mais où l’on entend toujours, si l’on veut bien y prêter l’oreille, un chant plus doux, lancinant, presque obsédant, et une touche de persistante nostalgie. Il ne reste plus à Fanny Azzuro qu’à reposer tendrement le public aux rives de la nuit avec, en deuxième bis, la première des Scènes d’enfance (Kinderszenen) de Schumann… Dernière caresse de ce chant intérieur qui, dès les premiers mots du poème de Tiouttchev, aura été le fil secret de la soirée.